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Le stress est le mot à la mode du moment : en Suisse et dans le monde entier, les employés se sentent de plus en plus dépassés, stressés et épuisés. Des études internationales dressent un tableau alarmant : 68 % de la génération Z et 61 % des milléniaux font état de symptômes de burn-out (Talker Research, 2025), et environ 40 % de tous les changements d'emploi sont attribués à un stress excessif (Apollo Technical, 2025).
La situation est également tendue en Suisse.
- L'indice de stress au travail 2022 publié par Promotion Santé Suisse montre que près de 30 % des actifs en Suisse sont (trop) stressés (Promotion Santé Suisse, 2022).
- 41 % des employés sont souvent ou très souvent épuisés émotionnellement (Travail.Suisse & Syna, 2023).
Le stress n'est pas seulement pénible pour les collaborateurs concernés, il peut également avoir des conséquences négatives pour les entreprises :
Un niveau de stress élevé entraîne une baisse de la productivité, une augmentation des coûts liés aux maladies et un taux de rotation du personnel alarmant. Ainsi, dans une enquête, 820 000 employés en Suisse ont déclaré vouloir changer d'emploi en raison du stress (SRF, 2023). Les coûts liés aux absences dues au stress et à des troubles psychologiques sont énormes. Selon une étude réalisée par AXA, 64 % des PME sont concernées (AXA Suisse, 2023).
La réponse à cette crise croissante liée au stress est la résilience. Dans cet article, nous vous montrons comment réduire votre stress, ce que signifie réellement la résilience et comment vous pouvez devenir plus résilient.
Qu'est-ce que le stress ? Définition
Le terme « stress » vient à l'origine de la physique, où il décrit la capacité d'un matériau à supporter une contrainte. En psychologie et en médecine modernes, nous définissons le stress comme une réaction du corps et de l'esprit à des défis internes ou externes, appelés facteurs de stress. Les facteurs de stress sont par exemple la pression du temps, les conflits ou la peur – ils sont les déclencheurs de notre réaction au stress.
Notre corps réagit au stress par ce qu'on appelle la réaction « combat ou fuite ». Lorsque nous percevons une menace ou un défi, notre système nerveux autonome s'active en un clin d'œil. Le corps libère des hormones de stress telles que le cortisol et l'adrénaline, notre cœur bat plus vite, nos muscles se contractent et nos sens s'aiguisent. D'un point de vue évolutif, cette réaction était essentielle à la survie : lorsque nos ancêtres rencontraient un prédateur, ils avaient besoin de cette réaction physiologique pour réagir rapidement et survivre.
Le problème n'est pas le stress en soi, mais la façon dont nous l'interprétons et sa durée. La culture occidentale a assimilé le stress à quelque chose de négatif, et cette conviction renforce en fait notre réaction au stress. Lorsque nous pensons « le stress est mauvais pour moi », notre corps réagit encore plus intensément au stress. C'est un cercle vicieux : les pensées négatives sur le stress entraînent des réactions physiologiques plus fortes, qui à leur tour renforcent nos pensées négatives.
Eustress et distress : les deux facettes du stress
Lorsque le stress est négatif et nous submerge, on parle de détresse. Lorsque le stress est positif et nous motive, on parle d'eustresse.
Détresse – Stress négatif : la détresse est un stress négatif qui provoque de l'anxiété et de l'inquiétude et dépasse nos capacités d'adaptation. La détresse se caractérise par sa durée, l'anxiété, le sentiment d'être dépassé, des sentiments désagréables et une diminution de nos performances. Une détresse chronique entraîne de graves problèmes de santé tels que des troubles anxieux, une dépression et des maladies cardiaques.
Eustress – Stress positif : l'eustress est un stress qui nous motive, nous dynamise et améliore nos performances. Il survient dans des situations difficiles, mais surmontables. L'eustress se caractérise par sa brièveté, la motivation et l'énergie qu'il procure, le sentiment de maîtrise, des émotions excitantes et une amélioration de nos performances.
Le spectre entre eustress et distress : L'eustress et le distress ne sont pas deux catégories distinctes, mais les deux extrémités d'un spectre. Une même situation peut être source d'eustress pour une personne et de distress pour une autre – tout dépend de notre perception, de nos capacités et de nos ressources. Par exemple, un nouveau poste de direction peut être source d'eustress (excitant, motivant, signe de reconnaissance) pour une personne qui a confiance en elle et qui possède de l'expérience. Pour une autre personne sans expérience, ce même poste peut être source de distress (accablant, angoissant, signe d'insuffisance).
C'est précisément là que la résilience entre en jeu : elle nous permet de réinterpréter davantage de situations et de les vivre comme un eustress.
Qu'est-ce que la résilience ? Définition
La résilience est la capacité psychique qui permet aux individus non seulement de surmonter les crises, le stress et les changements, mais aussi, dans l'idéal, d'en sortir plus forts. Dans le contexte professionnel, la résilience nous aide à gérer la pression et les conflits sans perdre notre santé ou notre motivation. La résilience n'est pas innée : c'est une compétence qui s'acquiert par la pratique et la réflexion.
Qu'est-ce qui se cache derrière la résilience ?
Pour bien comprendre la résilience, il est utile de se pencher sur les travaux novateurs du sociologue de la santé Aaron Antonovsky. Il a révolutionné la recherche en santé en posant une question simple mais profonde : au lieu de demander « Qu'est-ce qui rend les gens malades ? » (pathogenèse), il a demandé : « Qu'est-ce qui maintient les gens en bonne santé ? » (salutogenèse).
Antonovsky a constaté que le stress est omniprésent, mais que tout le monde n'y réagit pas par la maladie. Selon lui, la clé réside dans le sentiment de cohérence (Sense of Coherence, SOC). Il s'agit d'une attitude fondamentale profondément ancrée qui décrit la confiance d'une personne dans le monde et dans ses propres capacités. Un fort sentiment de cohérence – et donc une forte résilience – repose sur trois composantes :
1. Compréhensibilité (Comprehensibility) : Le sentiment que le monde et les événements de la vie sont structurés, prévisibles et explicables. On comprend pourquoi les choses arrivent. Les personnes qui ont une grande capacité de compréhension développent plus rapidement leur résilience, car elles ne vivent pas les crises comme des événements chaotiques et absurdes, mais comme des défis compréhensibles qui peuvent être surmontés.
2. Gestion (Manageability) : La conviction de disposer des ressources nécessaires (compétences personnelles, soutien social, etc.) pour faire face aux exigences de la vie. C'est le fondement même de la résilience: la confiance en soi, le fait de savoir que l'on dispose des outils nécessaires pour surmonter les défis. Sans gestion, nous nous sentons impuissants et dépassés.
3. Sens (Meaningfulness) : Le sentiment que la vie et ses défis méritent qu'on y investisse son énergie et son engagement. On voit un sens à ses actions. La résilience sans sens conduit au burnout : on peut certes tenir bon, mais on perd sa motivation et le sens de la vie.
Une personne dotée d'un fort sentiment de cohérence ne considère pas une situation difficile (par exemple, un retour critique) comme une catastrophe insurmontable qui provoque du stress, mais comme un défi compréhensible, gérable et significatif. Ce modèle constitue la base scientifique pour accroître la résilience.
Conseils pour plus de résilience
Les « piliers » sont les domaines de compétence centraux qui s'appuient sur le modèle salutogénique. Ils constituent les fondements théoriques de la résilience. Le chapitre suivant propose des conseils et des exercices concrets pour entraîner ces compétences de manière ciblée et renforcer durablement votre résilience.
| Pilier (la compétence) | Description | Lien avec le sentiment de cohérence |
| 1. Optimisme réaliste | La capacité à reconnaître les difficultés tout en croyant fermement à une issue positive et à ses propres compétences. | Renforce la pertinence et la maniabilité – éléments clés de la résilience. |
| 2. Acceptation | L'art d'accepter les situations immuables et de ne pas gaspiller son énergie à se battre contre des moulins à vent. | Favorise la compréhension (acceptation de la réalité) – essentielle pour la résilience. |
| 3. Orientation vers les solutions | Se concentrer sur ce qui peut être fait plutôt que de rester bloqué sur le problème. Il s'agit d'agir de manière proactive. | Au cœur de la maniabilité : la base de la résilience. |
| 4. Sortir du rôle de victime | Assumer la responsabilité de ses propres réactions et actions afin de reprendre le contrôle. | Renforce la maniabilité et la pertinence, deux éléments essentiels à la résilience. |
| 5. Soutien social | Construire et entretenir consciemment un réseau de collègues, d'amis et de mentors qui constituera un filet de sécurité émotionnel. | Une ressource essentielle pour la gestion : les personnes disposant d'un réseau solide développent plus rapidement leur résilience. |
| 6. Planification pour l'avenir | Se concentrer sur des objectifs clairs, personnels et professionnels, qui donnent une orientation et un sens même dans les moments difficiles. | Le sens profond – sans objectifs, la résilience ne peut se développer. |
| 7. Réflexion sur soi-même | La réflexion régulière sur ses propres pensées, sentiments et comportements afin d'apprendre et d'évoluer en permanence. | Au cœur de la compréhension – La résilience naît de la compréhension de ses propres schémas. |
Accroître la résilience au quotidien dans le monde du travail : outils pratiques
Comment devenir plus résilient et résistant au stress au quotidien ? Ces techniques concrètes pour augmenter votre résilience vous aideront à entraîner chacune des sept compétences de manière ciblée et à développer continuellement votre résilience.
Pilier 1 : Optimisme réaliste – La compétence de la confiance et de la résilience
L'exemple négatif : Sarah, qui manque de résilience
Sarah doit faire une présentation importante devant la direction. Elle pense immédiatement : « Ça va être un désastre. Je vais tout oublier, la technique va me lâcher et je vais me ridiculiser. Ma carrière est fichue. » Ces pensées catastrophiques envahissent sa semaine. Elle dort mal, est constamment tendue et n'arrive pas à se concentrer. Le jour de la présentation arrive, elle la fait d'une voix tremblante et avec un langage corporel peu assuré. Le résultat est moyen, ni bon, ni mauvais. Mais Sarah interprète ce résultat moyen comme une confirmation de ses craintes. Elle pense : « Tu vois, j'avais raison. Je ne suis pas assez bonne. » Sa résilience est faible. Elle a considéré la situation comme peu gérable et tire la pire conclusion possible d'un résultat moyen.
Astuce : l'analyse « Best/Worst/Most Likely » et la visualisation de l'espoir
La résilience, cette capacité à faire preuve d'optimisme réaliste, s'entraîne à travers une analyse structurée qui vous aide à mettre de l'ordre dans vos pensées et à renforcer votre confiance. Cette technique fonctionne particulièrement bien lorsque vous êtes confronté à une situation incertaine ou difficile.
Mise en œuvre pour une meilleure tolérance au stress et une plus grande résilience
Tom doit faire la même présentation. Au lieu de se laisser aller à des scénarios catastrophes, il prend délibérément 15 minutes pour faire une analyse « Best/Worst/Most Likely » (meilleur/pire/plus probable). Voici comment il procède concrètement :
- Étape 1 : envisager le pire scénario Tom se demande : « Quel est le pire qui puisse arriver ? » Il note : « J'oublie tout, la technique tombe en panne, les clients sont mécontents. » Cela semble terrible. Mais Tom franchit alors une étape décisive : il se demande : « Et que ferais-je dans ce cas ? » Cette question est transformatrice. Tom se répond : « Si j'oublie tout, je consulterai mes notes, je prendrai un moment pour me ressaisir et je dirai honnêtement : « Excusez-moi, j'ai perdu le fil. Donnez-moi un instant. » Si la technologie tombe en panne, j'appellerai le technicien et je dirai : « Nous avons un problème technique. Donnez-moi deux minutes pour le résoudre. » Puis je continuerai. » Cette planification donne à Tom une certaine résilience: il dispose d'un plan d'urgence. Le pire scénario perd de son pouvoir, car Tom sait qu'il est capable de faire face même à la pire des situations.
- Étape 2 : visualiser le meilleur scénario possible Tom se demande : « Quel est le meilleur scénario possible ? » Il imagine : « Je suis brillant, la direction est enthousiaste, elle pose beaucoup de questions intelligentes et j'obtiens le budget pour ce projet. » Il visualise non seulement le résultat, mais aussi le sentiment : que ressent-on lorsqu'on réussit ? Quels mots les membres de la direction utilisent-ils ? Comment se sent-il physiquement – droit, détendu, fier ?
- Étape 3 : évaluer de manière réaliste le scénario le plus probable Tom se demande : « Que va-t-il se passer de manière réaliste ? » Il se répond honnêtement : « Je vais être un peu nerveux, c'est normal. Mais je suis bien préparé, donc je vais bien réussir ma présentation. Il y aura quelques questions critiques auxquelles je suis préparé. Le résultat sera solide, pas spectaculaire, mais bon. » Ce scénario réaliste n'est ni pessimiste ni irréaliste. C'est l'avenir le plus probable.
- Étape 4 : visualiser l'espoir Tom ferme les yeux et imagine comment il maîtrise avec succès le scénario le plus probable. Il se voit parler calmement, répondre aux questions et recevoir finalement un retour positif. Il se concentre sur le sentiment de compétence et de fierté qu'il éprouve après coup. Ce lien émotionnel positif renforce la résilience de Tom et programme son cerveau pour la réussite. Son système nerveux apprend : « Je peux le faire. »
Le résultat : Tom fait preuve de résilience Tom fait sa présentation d'une voix calme et assurée. Il répond aux questions avec compétence et authenticité. Le résultat est bon et la direction est satisfaite. Et surtout, Tom interprète ce bon résultat comme une confirmation de ses compétences. Il se dit : « J'ai bien travaillé. Je suis bien préparé et je sais relever les défis. » Sa résilience lui a permis de considérer la situation comme gérable, et cette conviction s'est traduite par une meilleure performance.
Pilier 2 : Acceptation – La compétence de la sérénité et de la résilience
L'exemple négatif : Marco, qui manque de résilience
Marco apprend que son entreprise procède à une grande réorganisation et que son département sera intégré à un autre. C'est un changement qu'il ne peut pas modifier, la décision est déjà prise. Mais au lieu d'accepter cette réalité, Marco la combat. Il se plaint constamment de cette décision, critique la direction, tente de monter ses collègues contre la réorganisation. Il est constamment tendu et en colère, ne cessant de ruminer cette injustice. Sa résilience est faible : il gaspille une énergie considérable à lutter contre quelque chose qu'il ne peut pas changer. Cette énergie lui manque pour les choses qu'il peut réellement changer. Au bout de quelques semaines, Marco est épuisé et démoralisé.
Astuce : l'« exercice des mains » et le journal d'acceptation
La compétence de résilience qu'est l'acceptation s'entraîne à l'aide de techniques physiques et mentales qui vous aident à utiliser votre énergie de manière intelligente, non pas pour des choses que vous ne pouvez pas changer, mais pour celles que vous pouvez changer.
La mise en œuvre concrète : Lisa, une personne très résiliente
Lisa apprend la même nouvelle concernant la réorganisation. Elle comprend immédiatement qu'elle ne peut rien y changer. Mais au lieu de se battre, elle entraîne sa résilience à l'aide de deux techniques concrètes :
- Étape 1 : faire l'exercice des mains Lisa s'assoit et fait l'exercice des mains. Elle serre les poings et sent consciemment la résistance. Elle maintient la tension pendant quelques secondes et pense : « C'est la lutte contre la réalité. C'est ce que je fais quand je lutte contre la réorganisation. » Puis elle ouvre consciemment les mains, les pose sur ses cuisses, paumes vers le haut, et expire profondément. Elle sent le lâcher-prise, la détente dans ses muscles. Elle pense : « C'est l'acceptation. C'est ce qui se passe quand j'accepte la réalité telle qu'elle est. » Cette métaphore physique de l'acceptation mentale est puissante. Son corps apprend ce que signifie l'acceptation.
- Étape 2 : tenir le journal d'acceptation Le soir, Lisa prend 5 minutes pour rédiger un journal simple. Elle trace deux colonnes sur une feuille de papier :
Sous mon contrôle :
- Comment je tire parti de cette nouvelle situation
- Les relations que je noue dans le nouveau service
- Comment je m'implique et utilise mes compétences
- Comment je développe mes compétences
- Quelles nouvelles opportunités pourraient se présenter ?
Hors de mon contrôle :
- La décision de réorganisation
- La nouvelle structure du département
- Qui est mon nouveau chef ?
- Le calendrier de la réorganisation
En faisant cet exercice, Lisa remarque quelque chose d'important : elle gaspille beaucoup d'énergie pour des choses qui se trouvent dans le cercle extérieur (la décision, la structure). Elle ne peut pas les changer, mais elle ne peut pas non plus les récupérer. Elle se concentre alors consciemment sur le cercle intérieur, c'est-à-dire les choses sur lesquelles elle peut réellement influer. Elle se dit : « Je ne peux pas changer la décision, mais je peux décider comment y réagir. Je peux participer activement au nouveau département. Je peux nouer de nouvelles relations. Je peux considérer cette situation comme une opportunité. »
Résultat : Lisa fait preuve de résilience La résilience de Lisa lui permet de ne pas considérer la réorganisation comme une menace personnelle, mais comme un changement qu'elle peut gérer. Elle est ouverte à la nouvelle situation, noue des relations avec ses nouveaux collègues et voit des opportunités plutôt que des problèmes. Après quelques semaines, elle se rend compte que le nouveau service est en fait intéressant. Elle a acquis de nouvelles compétences. Elle s'est fait de nouveaux amis. Sa résilience lui a permis de voir le changement comme une opportunité plutôt que comme une catastrophe.
Pilier 3 : Orientation vers les solutions – La compétence d'agir et la résilience
L'exemple négatif : David, qui manque de résilience
David travaille sur un gros projet qui prend du retard. C'est un vrai problème qui doit être résolu. Mais au lieu de se concentrer sur les solutions, David se met à ruminer. Il se demande sans cesse : « Pourquoi est-ce que ça m'arrive toujours ? Pourquoi je n'arrive pas à mieux planifier ? Pourquoi mes collègues ne sont-ils pas plus fiables ? Pourquoi suis-je si mauvais en gestion de projet ? » Ces questions « pourquoi » mènent à la frustration et à la paralysie. David est coincé dans le problème et ne peut pas avancer. Sa résilience est faible : il a perdu sa concentration et se concentre plutôt sur les reproches et l'autocritique. Le temps passe et le projet prend encore plus de retard.
Astuce : passer du « pourquoi » au « et maintenant ? » et la question miracle
La compétence de résilience liée à l'orientation vers les solutions s'entraîne par un changement conscient de langage et par une question percutante qui détourne votre attention du problème pour la diriger vers la solution.
La mise en œuvre concrète : Elena, une grande résilience
Elena a le même problème : un projet qui prend du retard. Mais Elena entraîne sa résilience grâce à deux techniques concrètes :
Étape 1 : le changement de langage – passer du « pourquoi » au « quoi » Elena se surprend à poser les mêmes questions « pourquoi » que David. Mais elle s'interrompt. Car elle se rend compte que ces questions mènent à la frustration et à la paralysie. Elle opère alors un changement de langage conscient. Elle remplace les questions « pourquoi » par des questions « quoi » ou « comment » tournées vers l'avenir :
- Au lieu de : « Pourquoi suis-je si mauvais en planification ? » → « Que puis-je faire maintenant pour remettre le projet sur les rails ? »
- Au lieu de : « Pourquoi mes collègues sont-ils si peu fiables ? » → « Comment puis-je améliorer la collaboration avec mes collègues ? »
- Au lieu de : « Pourquoi cela m'arrive-t-il toujours ? » → « Quelles sont les prochaines étapes concrètes pour résoudre le problème ? »
Ce changement de langage n'est pas seulement un jeu de mots, c'est un changement fondamental d'orientation. Les questions « pourquoi » se tournent vers le passé et la culpabilité. Les questions « quoi » se tournent vers l'avenir et les solutions. La résilience d'Elena grandit parce qu'elle se sent à nouveau capable d'agir.
Étape 2 : poser la question miracle Elena utilise une question puissante issue de la thérapie orientée vers les solutions : la question miracle. Elle est la suivante : « Imaginez que vous vous réveillez demain matin et qu'un miracle s'est produit pendant la nuit : le projet est de nouveau sur les rails. À quoi remarqueriez-vous en premier lieu que ce miracle s'est produit ? Qu'est-ce qui aurait changé ? Qui d'autre le remarquerait ? »
Elena répond elle-même : « Si le miracle s'était produit, je remarquerais que nous avons un calendrier clair et réaliste. La communication avec l'équipe serait meilleure – tout le monde saurait ce qu'il faut faire. L'équipe serait à nouveau motivée. Les clients recevraient régulièrement des mises à jour et ne se sentiraient plus tendus. »
Cette question est transformatrice, car elle détourne l'attention d'Elena du problème (le projet est en retard) pour la diriger vers un objectif concret et attrayant (un calendrier clair, une meilleure communication, une équipe motivée). Soudain, Elena voit des mesures concrètes à prendre : établir un nouveau calendrier, améliorer la communication, motiver l'équipe, informer les clients.
Le résultat : Elena fait preuve de résilience La résilience d'Elena lui permet de rester opérationnelle et de trouver des solutions. Elle établit un nouveau calendrier avec des étapes réalistes. Elle discute avec son équipe des nouvelles attentes. Elle informe les clients de manière transparente du nouveau calendrier. La situation ne s'améliore pas immédiatement, mais Elena a repris le contrôle et trouvé une nouvelle direction. Sa résilience lui a permis de sortir de la paralysie et d'agir.
Pilier 4 : Sortir du rôle de victime (compétences d'auto-efficacité et de résilience)
L'exemple négatif : Klaus, qui manque de résilience
Klaus n'a pas obtenu la promotion qu'il espérait. C'est une déception. Mais au lieu d'utiliser cette déception pour apprendre et s'améliorer, Klaus sombre dans une mentalité de victime. Il pense : « C'est injuste. Mon chef ne m'aime pas. La décision était politique. On me traite toujours injustement. Le système est contre moi. » Klaus se considère comme victime de circonstances qui échappent à son contrôle. Sa résilience est faible : il abandonne le contrôle et pense qu'il ne peut rien changer, ce qui le démoralise. Il envisage même de quitter l'entreprise.
Astuce et conseil : le cercle de contrôle et le langage de la responsabilité
La résilience, qui consiste à sortir du rôle de victime, s'entraîne à l'aide de deux techniques : une technique visuelle (le cercle de contrôle) et une technique verbale (le langage de la responsabilité). Ensemble, elles vous aident à reprendre le pouvoir.
La mise en œuvre concrète : Petra, une grande résilience
Petra se trouve dans la même situation : elle n'est pas promue. Mais Petra entraîne sa résilience à l'aide de deux techniques concrètes :
Étape 1 : dessiner le cercle de contrôle Petra prend une feuille de papier et dessine deux cercles : un cercle intérieur (contrôle) et un cercle extérieur (intérêt). Elle classe ensuite les facteurs de la situation :
Hors de mon contrôle :
- La décision du chef
- Les directives de l'entreprise
- Les conditions du marché
- Qui d'autre s'est porté candidat pour cette promotion ?
- Les dynamiques politiques au sein de l'entreprise
Sous mon contrôle :
- Ma performance future
- Demander un retour d'information (Pourquoi n'ai-je pas obtenu cette promotion ?)
- Développer mes compétences
- Clarifier mes objectifs de carrière
- Avoir une conversation constructive avec mon chef
- Augmenter ma visibilité au sein de l'entreprise
- Renforcer mes relations au sein du réseau
En faisant cet exercice, Petra se rend compte d'une chose importante : elle a en fait beaucoup de contrôle. Elle ne peut pas changer la décision de son chef, mais elle peut faire beaucoup pour améliorer ses chances d'obtenir la prochaine promotion. Sa résilience s'accroît, car elle se sent à nouveau capable d'agir.
Étape 2 : parler le langage de la responsabilité Petra fait attention à son langage et remplace les formulations passives, axées sur la victime, par des formulations actives et responsables :
- Au lieu de : « On ne m'a pas donné la promotion » → « Je n'ai pas obtenu la promotion, mais je sais maintenant ce que je dois améliorer. »
- Au lieu de : « Mon chef est contre moi » → « Je vais clarifier avec mon chef les compétences que je dois encore développer. »
- Au lieu de : « Le système est contre moi » → « Je vais adopter une approche plus stratégique et accroître ma visibilité au sein de l'entreprise. »
- Au lieu de : « On me fait toujours du tort » → « Je vais comprendre les raisons de cette décision et en tirer des leçons. »
Ce changement de langage n'est pas seulement un jeu de mots, c'est un changement fondamental d'attitude. Au lieu de se considérer comme une victime, Petra se voit comme une actrice de sa vie. Sa résilience grandit parce qu'elle reprend ses responsabilités.
Le résultat : Petra fait preuve de résilience Petra a une discussion constructive avec son chef : « Je suis déçue de ne pas avoir obtenu la promotion. Je voudrais comprendre ce que je peux améliorer. Quelles compétences dois-je encore développer ? Comment puis-je me rendre plus visible ? » Son chef lui répond honnêtement et Petra élabore un plan de développement. Elle acquiert de nouvelles compétences, prend en charge des projets plus ambitieux et élargit son réseau. Un an plus tard, elle obtient sa promotion. Sa résilience lui a permis de prendre des responsabilités et de façonner activement sa carrière.
Pilier 5 : Soutien social (la compétence de la solidarité et de la résilience)
L'exemple négatif : Max, qui manque de résilience
Max a un gros problème au travail. Un projet rencontre des difficultés et il ne sait pas comment le résoudre. Mais au lieu de demander de l'aide, il s'isole. Il pense : « Je devrais pouvoir résoudre ce problème tout seul. Si je demande de l'aide, je vais passer pour quelqu'un de faible. Je devrais être indépendant. » Max essaie de résoudre le problème tout seul. Il travaille de longues heures, devient de plus en plus stressé et ne parvient pas à trouver une bonne solution. Sa résilience est faible : il n'a pas les ressources nécessaires pour surmonter le problème. Au bout de quelques semaines, il est épuisé.
Conseil et astuce : le « conseil d'administration personnel » et l'entretien proactif du réseau
La résilience liée au soutien social s'entraîne à l'aide de deux techniques : la création d'un tableau personnel et l'entretien proactif des relations. Ensemble, elles vous aident à créer un réseau solide qui vous soutiendra dans les moments difficiles.
La mise en œuvre concrète : Nina, une grande résilience
Nina a le même problème que Max. Mais Nina entraîne sa résilience à l'aide de deux techniques concrètes :
Étape 1 : constituer son conseil d'administration personnel Nina prend le temps d'identifier les personnes qui occuperont quatre rôles importants :
- Le mentor : un collègue expérimenté ou un ancien supérieur qui a déjà résolu des problèmes similaires et qui connaît la carrière de Nina. Cette personne donne des conseils stratégiques et offre des perspectives.
- Le cheerleader : un ami ou un membre de la famille qui voit les points forts de Nina et l'encourage toujours de manière positive. Cette personne lui apporte un soutien émotionnel.
- Le challenger : un collègue du même niveau qui remet en question les hypothèses de Nina et la pousse à s'améliorer. Cette personne donne des commentaires constructifs.
- L'allié : un collègue du même niveau avec qui échanger au quotidien. Cette personne comprend les défis quotidiens de Nina et lui apporte son soutien.
Nina note les noms et officialise la chose, du moins pour elle-même. Elle se dit : « C'est mon conseil d'administration. Ce sont les personnes sur lesquelles je peux compter. »
Étape 2 : entretenir son réseau de manière proactive Nina n'attend pas d'avoir besoin d'aide. Elle entretient plutôt ses relations de manière proactive. Elle planifie des rendez-vous fixes pour entretenir ses contacts :
- Un vendredi sur deux, elle contacte une personne de son conseil d'administration. Non pas pour lui demander de l'aide, mais simplement pour prendre de ses nouvelles. Elle lui envoie un bref e-mail : « Bonjour, je voulais juste prendre de tes nouvelles. »
- Elle propose activement son aide. Quand elle entend qu'un membre de son conseil d'administration a un problème, elle propose son aide.
- Elle partage ses succès et ses défis. Elle est authentique et vulnérable.
Cette approche proactive est importante, car elle renforce les relations avant même que Nina ait besoin d'aide. Ainsi, lorsqu'elle rencontre un problème, elle n'hésite pas à demander de l'aide.
Le résultat : Nina fait preuve de résilience Lorsque Nina rencontre un problème au travail, elle contacte son mentor : « J'ai un problème et j'aurais besoin de tes conseils. » Le mentor répond immédiatement et donne à Nina des perspectives et des conseils. Nina se rend compte qu'elle n'est pas seule et qu'il existe des solutions. Elle contacte également son challenger, qui lui demande : « As-tu déjà essayé cela ? » et lui donne de nouvelles idées. La résilience de Nina est renforcée : elle dispose de ressources et n'est pas seule. Le problème est résolu et Nina se rend compte que son réseau est sa plus grande ressource.
Pilier 6 : Planification de l'avenir (la compétence de la pertinence et de la résilience)
L'exemple négatif : Robert, qui manque de résilience
Robert n'a pas d'objectifs clairs. Il travaille au jour le jour, sans savoir où il veut aller. Lorsque des problèmes surviennent, il n'a pas la motivation nécessaire pour les surmonter. Il se dit : « À quoi bon ? Je ne sais même pas où je veux aller. » Sa résilience est faible, il n'a aucune raison de continuer. Il se sent perdu et démotivé.
Astuce : le modèle WOOP et la planification à trois niveaux
La résilience nécessaire à la planification de l'avenir s'entraîne à l'aide de deux techniques : le modèle WOOP (pour les objectifs spécifiques) et la planification à trois niveaux (pour l'orientation à long terme). Ensemble, elles vous aident à donner un sens et une direction à votre vie.
La mise en œuvre concrète : Sophia, une grande résilience
Sophia a des objectifs clairs. Elle entraîne sa résilience à l'aide de deux techniques concrètes :
Étape 1 : appliquer le modèle WOOP Sophia a un objectif important : occuper un poste de direction dans deux ans. Elle utilise le modèle WOOP :
Wish (souhait) : Je souhaite occuper un poste de direction dans deux ans.
Résultat : je me sens compétent, reconnu et capable de diriger une équipe. Je gagne plus et j'ai plus d'influence.
Obstacle : Sophia réfléchit honnêtement à ses obstacles intérieurs. Son plus grand obstacle intérieur est la peur de faire des erreurs et de ne pas être assez bonne. Elle a également des obstacles extérieurs : elle a besoin de plus d'expérience et doit accroître sa visibilité au sein de l'entreprise.
Plan (Plan) : Sophia élabore un plan pour les deux types d'obstacles :
- Pour l'obstacle intérieur : « Lorsque je ressens la peur de l'échec, je me dis : « Les erreurs sont des occasions d'apprendre. Je suis en route vers mon objectif. Chaque erreur me rapproche de celui-ci. »
- Pour les obstacles externes : « Je vais suivre une formation en leadership. Je vais prendre en charge des projets plus ambitieux. Je vais accroître ma visibilité au sein de l'entreprise. »
Le modèle WOOP est puissant car il aide Sophia à rester réaliste (en reconnaissant les obstacles) tout en conservant sa capacité d'action (en ayant un plan).
Étape 2 : mettre en œuvre la planification à trois niveaux Sophia sait qu'un objectif annuel ambitieux peut avoir un effet paralysant. C'est pourquoi elle le décompose en trois niveaux :
Vision (1 à 3 ans) : occuper un poste de direction dans mon domaine. Je dirige une équipe de 5 à 10 personnes. Je suis reconnu pour mes qualités de leader et ma capacité à développer des équipes.
Objectifs trimestriels (3 mois) : Ce trimestre, je vais :
- Suivre une formation au leadership (action concrète)
- Diriger un projet important (expérience pratique)
- Discuter de mes objectifs de carrière avec mon chef (visibilité)
- Établir une relation de mentorat avec un cadre expérimenté (apprentissage)
Sprints hebdomadaires (1 semaine) : Cette semaine, je vais :
- M'inscrire à la formation au leadership (action concrète)
- Convenir d'un rendez-vous avec mon chef pour discuter de mes objectifs de carrière (visibilité)
- Contacter un mentor potentiel (réseau)
Cette planification en trois étapes est efficace, car elle apporte clarté, concentration et succès réguliers. Sophia ne voit pas seulement un objectif lointain, mais aussi des étapes concrètes qu'elle peut franchir cette semaine.
Résultat : la résilience de Sophia est renforcée par des objectifs clairs et un plan d'action. Elle trouve un sens à son travail et ne travaille pas seulement pour gagner de l'argent, mais aussi pour atteindre son objectif. Lorsque des défis se présentent, elle a la motivation nécessaire pour les surmonter . Un an plus tard, elle a suivi la formation au leadership, dirigé deux projets importants et établi une relation de mentorat. Elle est en passe d'accéder à un poste de direction. Sa résilience lui a permis de rester concentrée et motivée.
Pilier 7 : Réflexion sur soi (compétences en matière de compréhension et de résilience)
L'exemple négatif : Jens, qui manque de résilience
Jens reçoit des commentaires critiques de son chef. Ce dernier lui dit : « Le paragraphe dans le rapport n'est pas assez précis. » Il s'agit là d'un commentaire constructif qui pourrait aider Jens à s'améliorer. Mais Jens prend ce commentaire personnellement. Il pense automatiquement : « Je ne suis pas assez bon. Je suis un raté. Je ne suis pas compétent. » Ces pensées entraînent frustration et démotivation. Jens ne réfléchit pas, mais considère ses pensées comme la vérité. Sa résilience est faible et il ne peut pas utiliser ce commentaire de manière constructive.
Conseil et astuce : le modèle ABCDE et le rendez-vous hebdomadaire de réflexion
La compétence de résilience qu'est l'autoréflexion s'entraîne à l'aide de deux techniques : le modèle ABCDE d'Albert Ellis (pour transformer les pensées négatives) et un rendez-vous hebdomadaire de réflexion (pour un apprentissage continu). Ensemble, elles vous aident à comprendre et à modifier vos schémas de pensée.
La mise en œuvre concrète : Anna, une personne très résiliente
Anna reçoit les mêmes commentaires que Jens. Mais Anna entraîne sa résilience à l'aide de deux techniques concrètes :
Étape 1 : appliquer le modèle ABCDE Anna utilise le modèle ABCDE pour analyser et modifier ses pensées :
- A (événement déclencheur) : mon chef critique un paragraphe de mon rapport.
- B (Belief – conviction) : Ma pensée automatique est : « Je ne suis pas assez bon. Je suis un raté. »
- C (Conséquence) : ces pensées entraînent frustration, démotivation et anxiété.
- D (Dispute – Remise en question) : Anna remet ses pensées en question de manière critique. Elle se demande : « Est-ce vraiment vrai ? La semaine dernière, mon chef a fait l'éloge de mon analyse et l'a qualifiée d'« excellente ». Peut-être est-il simplement très pointilleux et souhaite-t-il que je sois encore plus précise. Peut-être veut-il simplement m'aider à m'améliorer. Quelle est la manière la plus constructive d'envisager cette critique ? »
- E (Effective New Belief – Nouvelle conviction efficace) : Anna remplace son ancienne conviction par une nouvelle : « Critiquer un détail n'est pas une critique à mon égard en tant que personne. C'est une chance de m'améliorer. Mon chef souhaite que je m'améliore, et c'est un signe qu'il croit en moi. »
Ce modèle est puissant, car il aide Anna à reconnaître et à modifier ses pensées automatiques. Elle n'est pas contrôlée par ses pensées, mais c'est elle qui contrôle ses pensées.
Étape 2 : organiser un rendez-vous hebdomadaire de réflexion Anna réserve chaque vendredi 15 minutes dans son agenda. C'est un rendez-vous sacré qui est toujours respecté. Elle répond par écrit à trois questions :
Question 1 : Qu'est-ce qui s'est bien passé cette semaine et quelle a été ma contribution ? Anna répond : « J'ai mené à bien le projet X. J'ai entretenu une bonne communication avec mon équipe. J'ai résolu un problème difficile en faisant preuve de créativité. Ma contribution a été de rester concentrée et de ne pas abandonner. »
Question 2 : Qu'est-ce qui a été difficile et qu'ai-je appris de cette expérience ? Anna répond : « Les commentaires de mon chef ont été difficiles à accepter. Mais j'ai appris que les commentaires sont une opportunité de progresser. J'ai également appris que je dois être plus précise. Je consacrerai plus de temps à la vérification lors du prochain rapport. »
Question 3 : De quoi suis-je reconnaissante ? Anna répond : « Je suis reconnaissante envers mon équipe qui me soutient. Je suis reconnaissante d'avoir la possibilité d'apprendre. Je suis reconnaissante envers mon chef qui m'aide à m'améliorer. Je suis reconnaissante d'avoir un travail qui me stimule. »
Cette routine aide Anna à se concentrer sur les aspects positifs, favorise l'apprentissage et renforce la gratitude, un puissant rempart contre le stress. Sa résilience s'en trouve continuellement renforcée.
Résultat : La résilience d'Anna lui permet d'utiliser les retours de manière constructive et d'apprendre en permanence. Elle ne se laisse pas submerger par les pensées négatives, mais les remet en question et les remplace par des pensées plus constructives. Elle ne se laisse pas submerger par le stress, car elle réfléchit et apprend. Un an plus tard, Anna est l'une des meilleures collaboratrices de l'équipe. Sa résilience lui a permis de grandir et de se développer.
La résilience comme tâche managériale
Les meilleures stratégies individuelles visant à accroître la résilience sont vouées à l'échec dans un environnement toxique. Les cadres dirigeants sont les architectes des conditions de travail et assument donc une immense responsabilité quant à la résilience de leurs équipes. Voici quelques domaines d'action concrets et élargis :
-
Promouvoir activement la sécurité psychologique
La sécurité psychologique est le fondement sur lequel repose la résilience au sein d'une équipe.
- Considérez les erreurs comme des occasions d'apprendre : parlez ouvertement de vos propres erreurs et de ce que vous en avez tiré comme enseignements. Organisez des « Fuck-up Nights » au sein de l'équipe, au cours desquelles vous ne partagez pas vos succès, mais les meilleurs moments d'apprentissage tirés d'essais infructueux. Lorsqu'un membre de l'équipe commet une erreur, ne demandez pas « Qui est responsable ? », mais « Que pouvons-nous en tirer comme enseignement et comment pouvons-nous nous assurer que cela ne se reproduise plus ? ». Cela favorise la résilience de l'équipe.
- Récompensez la curiosité, ne la punissez pas : encouragez les questions telles que « Pourquoi faisons-nous cela ainsi ? » ou « Et si nous essayions autrement ? ». Créez des formats (par exemple des sessions « Ask Me Anything » avec la direction) dans lesquels les questions ouvertes sont les bienvenues et reçoivent des réponses honnêtes. Cela renforce la résilience en donnant le sentiment que tout est compréhensible.
Réduire systématiquement les facteurs de stress organisationnels
La résilience ne peut pas s'épanouir dans un environnement chroniquement stressant.
- Réalisez un « inventaire du stress » : utilisez des outils d'enquête anonymes pour demander régulièrement : « Qu'est-ce qui vous épuise le plus au travail ? », « Quel processus est le plus frustrant ? ». Présentez les résultats de manière transparente et déduisez avec l'équipe 1 à 2 mesures d'amélioration concrètes pour le trimestre suivant. Cela montre que vous prenez au sérieux la résilience de l'équipe.
- Communiquez clairement vos priorités et défendez-les : l'une des principales sources de stress est le manque de clarté quant aux priorités. Utilisez des outils visuels tels que les tableaux Kanban pour rendre la charge de travail transparente. En tant que responsable, définissez des objectifs clairs pour la semaine ou le sprint et défendez votre équipe contre les nouvelles demandes urgentes qui ne cessent d'affluer. Apprenez à dire « non » ou « oui, mais plus tard » au nom de votre équipe. Cela renforce la résilience en donnant un sentiment de maîtrise.
- Appliquez une hygiène de réunion : mettez en place des règles claires : chaque réunion doit avoir un objectif clair et un ordre du jour. Pas d'ordre du jour, pas de réunion. Déterminez que les réunions durent en standard 25 ou 50 minutes afin de permettre des pauses. Introduisez des « journées sans réunion » ou des temps de concentration. Cela donne à l'équipe le temps de se reposer, ce qui est essentiel pour la résilience.
Renforcer l'autonomie et la pertinence
La résilience augmente lorsque les individus ressentent une certaine autonomie et trouvent un sens à leur travail.
- Dirigez par objectifs, pas par microgestion : donnez à votre équipe le « quoi » et le « pourquoi », mais laissez-lui autant que possible le « comment ». Définissez des résultats (outcomes) plutôt que des tâches (outputs). Cela favorise la responsabilité individuelle et la créativité, deux composantes de la résilience.
- Rendre la contribution visible : montrez régulièrement à votre équipe l'impact de son travail sur les clients ou les objectifs de l'entreprise. Partagez les commentaires positifs des clients, présentez les résultats du travail de votre équipe à d'autres services et célébrez les succès, même les plus modestes. Cela renforce la résilience en donnant un sentiment d'utilité.
Le chemin vers la résilience et une culture de travail plus résistante commence par la compréhension que la résilience n'est pas innée, mais qu'elle s'acquiert par l'entraînement. La santé mentale des employés n'est pas un problème privé, mais un facteur central pour le succès de l'entreprise. Il s'agit d'une responsabilité partagée : les employés peuvent et doivent renforcer leurs compétences individuelles en matière de résilience par des exercices pratiques. Dans le même temps, les dirigeants doivent créer les conditions organisationnelles dans lesquelles ces compétences peuvent s'épanouir.
En apprenant aux collaborateurs à affiner leurs propres outils mentaux grâce aux 7 piliers de la résilience et en créant un environnement favorable, clair et porteur de sens, les dirigeants engagent un cercle vertueux. Un cercle dans lequel les défis ne sont pas considérés comme une menace, mais comme une opportunité de croissance. La résilience n'est pas seulement la clé de la survie dans un monde complexe, mais aussi la voie vers un succès durable et l'épanouissement humain au travail.
Article publié le 4 janvier 2026
À propos de Dr. Kathrin Neumüller

Dr. oec. HSG Kathrin Neumüller est co-directrice de ValueQuest et experte en inspiration des collaborateurs et en empowerment. Parallèlement, elle enseigne le management stratégique dans le cadre du MBA à la ZHAW. Elle a obtenu son doctorat à l'université de Saint-Gall (HSG) et a étudié à l'université de Cambridge. En savoir plus sur Kathrin
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