Table des matières
- Le changement démographique se heurte à la réalité du recrutement
- La pénurie de main-d'œuvre qualifiée n'entraîne pas le recrutement de la génération des 55 ans et plus
- Le grand "Expectation Gap" : un malentendu entre les générations
- pénurie de main-d'œuvre qualifiée, on n'engage guère de travailleurs âgés
- Il est temps de repenser le marché du travail
Le changement démographique se heurte à la réalité du recrutement
L'évolution démographique est claire : de plus en plus de personnes restent en forme, motivées et performantes au-delà de l'âge ordinaire de la retraite. Pourtant, de nombreuses entreprises font face à cette réalité avec réticence. La politique du personnel favorable aux personnes âgées n'est guère considérée comme une réponse stratégique à la pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
Sur mandat du groupe d'assurance vie suisse Swiss Life, l'institut d'études de marché et d'opinion ValueQuest a mené au printemps 2024 une enquête en ligne auprès de 1 054 employeurs de Suisse alémanique et romande. Les résultats montrent un net écart entre les attentes et la réalité.
Méthodologie de l'étude réalisée pour le compte de Swiss Life
L'étude représentative a été réalisée au printemps 2024 par l'institut d'études de marché ValueQuest pour le compte de Swiss Life en Suisse alémanique et en Suisse romande. Pour ce faire, 1 054 décideurs (membres de la direction, directeurs et responsables RH) d'entreprises comptant au moins quatre collaborateurs ont été interrogés en ligne. Pour des analyses approfondies, les données de l'enquête suisse sur la population active (ESPA) de l'Office fédéral de la statistique ont également été utilisées.
Le grand "Expectation Gap" : un malentendu entre les générations
L'une des conclusions les plus passionnantes de l'étude est ce que l'on appelle l'"Expectation Gap" - une erreur massive d'appréciation des attentes réciproques. Près de 70% des employeurs estiment que les employés sont peu disposés à travailler au-delà de l'âge de référence. Ils partent donc du principe que la plupart des collaborateurs aspirent à la retraite. Seuls 29 pour cent des employeurs suisses interrogés pensent que la plupart des travailleurs pourraient travailler correctement jusqu'à 66 ou 67 ans. En même temps, seuls 23 pour cent rejettent clairement cette affirmation.
On constate ici une nette lacune dans la perception des choses : En Suisse, les entreprises partent souvent du principe que les collaborateurs âgés ne souhaitent plus travailler du tout. Pourtant, les enquêtes menées auprès des employés montrent le contraire. De nombreuses personnes de plus de 55 ans seraient tout à fait disposées à rester plus longtemps sur le marché du travail, à condition que les conditions de travail et la charge de travail soient correctes.
Mais si l'on interroge les personnes concernées elles-mêmes, l'image qui se dégage est tout autre et rappelle une étude sur la motivation des travailleurs. De nombreux travailleurs âgés seraient tout à fait disposés à rester plus longtemps dans la vie professionnelle, mais souvent dans des conditions adaptées, comme un taux d'activité réduit à 70 pour cent. Ils ne se sentent toutefois pas suffisamment valorisés ou encouragés par leurs employeurs. Les besoins de flexibilité et de reconnaissance des travailleurs ne semblent pas être suffisamment perçus.
Un cercle vicieux s'installe : les entreprises n'encouragent pas la poursuite du travail parce qu'elles pensent qu'il n'y a pas de demande, et les travailleurs ne signalent pas leur volonté parce qu'ils ne sentent pas d'intérêt.
En raison de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, les travailleurs âgés sont rarement embauchés
Bien qu'environ la moitié des entreprises déclarent rencontrer des difficultés pour recruter du personnel qualifié, la solution la plus évidente est rarement mise en œuvre. Seules 13 % des entreprises interrogées encouragent activement le maintien dans l'emploi au-delà de l'âge de la retraite. Cela est d'autant plus paradoxal que 22 % d'entre elles citent explicitement l'embauche de collaborateurs plus âgés comme une mesure visant à répondre à leurs besoins en main-d'œuvre qualifiée. Il existe là un potentiel considérable, car environ un cinquième du potentiel de main-d’œuvre inutilisé en Suisse se trouve dans la tranche d’âge des 55 à 70 ans.
Il est temps de repenser le marché du travail
L'étude de Swiss Life est sans équivoque : face au changement démographique et à la pénurie persistante de main-d'œuvre qualifiée, le marché suisse du travail ne peut plus se permettre de se passer de l'expérience, de la loyauté et des compétences de la génération 55+. La faible propension des travailleurs âgés à changer d'emploi n'est pas seulement due à un manque de volonté, mais aussi à l'absence de signaux du marché du travail.
Il faut plus que de simples déclarations d'intention. Ce qu'il faut, c'est un profond changement de mentalité dans la culture d'entreprise. Les entreprises doivent surmonter les images dépassées de l'âge et créer de manière proactive une culture de l'estime pour toutes les générations. Cela implique des modèles de travail flexibles, des formations continues ciblées et un recrutement qui considère l'expérience comme un capital précieux et non comme un facteur de coût. Ce n'est qu'ainsi que le potentiel inutilisé pourra être exploité et que la pénurie de main-d'œuvre qualifiée pourra être combattue efficacement.
Article publié le 4 novembre 2025
À propos de Bruno Catellani

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